« François, répare ma maison qui est toute en ruines »

Dans la minuscule église de la Portioncule, aujourd’hui abritée au sein de la basilique Sainte-Marie-des-Anges, François d’Assise rendait son dernier souffle le 3 octobre, il y a 800 ans. Le saint avait demandé à être couché nu sur la terre nue, en signe de pauvreté totale et de confiance, accueillant ainsi celle qu’il avait appelée « sœur Mort ».

François était un homme d’une simplicité complexe. Non pas un « simple d’esprit » que rien ne trouble, mais une personne capable de saisir le sens ultime des choses. De toutes choses : le soleil, la lune et les étoiles, le vent, l’eau et le feu, toutes les créatures, le pardon, la souffrance, la « mort corporelle ».

Son parcours fut celui d’une conversion au sens propre du terme : changer de chemin. Non pas pour passer d’une foi à une autre, mais pour commencer à voir là où l’on ne voyait pas auparavant, à entendre là où l’on restait sourd auparavant.

Le changement radical qui s’est opéré chez François, de retour des champs de bataille et de la maladie, a été merveilleusement décrit par Carlo Carretto en ces termes :

« J’avais l’impression de n’avoir rien vu auparavant, et j’ai compris les paroles du psaume : « Ils ont des yeux et ne voient pas. » Je n’avais rien vu ! À présent, je voyais vraiment le soleil, la lune, la terre, les fontaines, les fleurs … avant, non. Elles étaient passées à côté de moi comme des choses qui allaient de soi, comme le décor d’un paysage. Je les avais regardées comme on regarde un étranger. À présent, elles me parlaient, je les sentais proches, je les aimais, elles m’émouvaient ».

Aujourd’hui, à une époque où le monde et ceux qui le dirigent semblent avoir emprunté la voie opposée à la conversion intégrale du cœur, nous avons besoin de réentendre cette voix qui s’est adressée au Poverello parmi les ruines de l’église de Saint-Damien : « François, va, répare ma maison qui, comme tu le vois, est toute en ruines ».

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